Éditoriaux

Edito - 06/12/09

Culture : pour des compétences conjointes et coordonnées, inscrites dans la loi !

 

Sur la base de leur expérience dans la mise en œuvre de politiques culturelles départementales, les membres du Conseil d’administration de l’association nationale « Culture et Départements » (directeurs des affaires culturelles et directeurs d’offices départementaux), réunis le 2 décembre 2009 à Paris, inquiets en raison des signes de désengagement donnés par certains Conseils généraux en matière culturelle avant même le vote de la Réforme des collectivités territoriales :

- affirment qu’il convient de préserver en France les missions de service public de la culture, avec des responsabilités partagées entre le

ministère de la culture et les collectivités territoriales. Celles-ci ont su depuis trente ans s’emparer de la « clause de compétence générale » pour élaborer des politiques culturelles adaptées à la spécificité de leurs territoires et de leurs populations, qu’elles ont articulé avec les politiques conduites en matière sociale, éducative, économique, territoriale, et cela sans ménager leurs efforts financiers (en 2006, les collectivités dépensaient 7 milliards d’euros pour la culture, dont 1,3 au titre des Départements).

- estiment que les différents niveaux de collectivité doivent pouvoir continuer à intervenir dans le domaine culturel, car les financements conjoints favorisent la liberté artistique des créateurs et le renouvellement des politiques culturelles, et aident les maitres d’ouvrage à s’engager dans la réalisation d’équipements et de projets culturels. Pour les y inciter, la loi doit formaliser la possibilité de ces interventions, dans le cadre d’une coopération renforcée entre les collectivités et des mutualisations paraissant nécessaires. Il s'agit de permettre à l'Etat, aux Régions et aux Départements de pouvoir continuer à garantir l'accompagnement des communes, intercommunalités, associations, artistes, centres culturels... qui fondent la vie culturelle dans notre pays.

- rappellent que quelle que soit la gouvernance politique qui résultera de la réforme territoriale, les structures et services culturels se situant à l'échelle départementale permettent une intervention de proximité et favorisent la coordination et l’animation de réseaux d’acteurs culturels l'échelle départementale dans une optique d’aménagement culturel du territoire. Ils favorisent l’expérimentation de projets innovants, indispensables pour relever les défis de demain (révolution numérique, diversité culturelle, Agenda 21 de la culture, etc.). l’échelle départementale

- souhaitent que dans l’attente des décisions qui seront prises par le Parlement et tout en étant conscients des contraintes financières actuelles de ces collectivités, les budgets culturels et les moyens des services culturels des Départements fassent l’objet de décisions mesurées, étant précisé que de nombreux secteurs, ne faisant pas l’objet de compétences obligatoires, pourraient pâtir d’un retrait en chaine de la part des collectivités (ex : le patrimoine bâti, les arts vivants, visuels et audiovisuels, l’éducation artistique, etc.).

François Deschamps

 
 

 

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